La part des ombres 2, Le petit final

Ah, le voilà enfin ce second tome de La part des ombres ! Après un début prometteur mais qui laissait sur sa faim, après un an et demi d’attente et un retard à l’allumage, Scrinéo nous sort enfin la suite du dernier diptyque de Gabriel Katz ! Mais ça parlait de quoi déjà, La part des ombres ?

Oui parce que moi j’ai une mémoire de merde alors quand j’ai ouvert le deuxième tome je me rappelais plus trop du premier tome. L’auteur ne fait pas trop d’effort pour nous resituer donc ça sera au lecteur de refaire le puzzle au fur et à mesure. Heureusement c’est pas bien compliqué. Grosso modo, le royaume de Goranie est occupé par les méchants traceurs barbares, et une petite résistance est née dans le but de leur botter le cul. Comme c’est qu’une troupe de paysans tout pourris, ils ont engagés des mercenaires pour leur venir en aide, et c’est dans ce rôle qu’on retrouve notre casting de super-stars  Katziennes : Olen, Kaelyn et Desmeon, héros des séries passées de l’auteur, se retrouvent pour aider les braves gens à résister contre les méchants. Mais les traceurs sont sur… Euh… Leurs traces… Et ils rigolent pas.

On a évidemment toujours la patate de l’écrivain qui arrive à envoyer du dialogue percutant et un rythme de « paidgeteurneur » à l’ensemble. Pour tout vous dire je l’ai lu en un jour, non seulement ça file vite, mais en plus le bouquin fait moins de 300 pages donc en un rien de temps il était fini. Ça c’est une grande qualité, mais quand c’est malheureusement lié à une trame scénaristique simplissime, à la limite de l’archi-classique, on ferme le livre avec un petit « mouais, c’était fun » mais on sait qu’il ne restera pas bien longtemps dans nos mémoires. Le talent de Gabriel Katz est toujours là, évident, on s’attache aux héros, on aime l’attitude désinvolte de Desmeon (et son toutou qu’il est trop choupiiiiiiii), on rigole à quelques vannes bien senties. Mais c’est un peu léger.

La narration passe sur chacun des trois protagonistes mais ceux-ci restent séparés la plupart du temps, Kaelyn reste avec la résistance, Olen fait la navette entre le camp et la princesse, et Desmeon part vers les terres des Traceurs pour aller les défier sur leur sol. C’est d’ailleurs ce dernier qui vole la vedette avec un arc vraiment intéressant et dépaysant, une cool-attitude irrésistible et la découverte d’un peuple pas si méchant. Par contre, les deux autres sont un peu survolés, Olen reste sur ses doutes, ses pleurnicheries et ses histoires de coucheries tandis Kaelyn s’affirme en « c’est moi la plus balèze » mais j’ai pas ressenti plus de profondeur ni d’attachement pour ces deux points de vue qui n’évoluent pas tant que ça. Et on arrive inexorablement sur un final « à la Katz », j’avais apprécié quand il nous a fait le coup dans Le puits des mémoires, un contre-pied au climax inévitable dans ce genre de romans, c’était fun. Mais là ? Il y a une jolie pirouette mais ça se termine un peu brusquement, nos héros s’en vont, cheveux au vent, vers de prochaines aventures, en s’en battant complètement les coucouilles (et les ovaires)… Sérieusement on finit sur un ton détaché qui m’a sorti du truc. J’aime beaucoup les tons légers et les histoires funs, mais là on a basculé dans le « je-m’en-foutisme » je crois.

Dans l’ensemble le diptyque a une histoire assez simple, je comprends pas pourquoi c’est coupé en deux. Y’a pas de structure qui invite spécifiquement à ça comme pour Aeternia, y’a pas de basculement, de coupure… Et c’est pas spécialement gros non plus, le second tome est plus petit que le premier, l’histoire complète fait moins de 600 pages et n’est pas particulièrement dense ni époustouflante d’originalité. J’ai payé deux fois vingt balles pour l’histoire complète mais je vous conseillerais peut-être d’attendre la parution poche, ça fera un peu moins mal au cul porte-monnaie.

J’apprécie toujours les romans de Gabriel Katz, il a une manière d’aborder la fantasy sur un ton original et drôle qui manque un peu en littérature francophone (qui a plutôt tendance à tirer dans le cérébralo-poétique). Pourtant La part des ombres restera pour moi le petit Spin-off sympa mais dispensable, le produit dérivé pour les fans qui veulent retrouver leurs héros préférés dans un nouveau chapitre, sans plus.

Lire aussi l’avis de : Aelinel (La bibliothèque d’Aelinel), Allison (Allisonline), Phooka (Book en stock),

9 réponses

  1. Eh ben, moi qui gueule après l’Atalante parce qu’ils coupent les Honor Harrington en deux tomes de 500-550 pages chacun à 22 euros l’unité, là moins de 600 pages pour la totalité mais 20 euros pour chaque tome c’est carrément du foutage de gueule. C’est la pagination d’un Bragelonne, mais quasiment au double du prix. Surtout que sur ce coup là, pas de recours à une VO en anglais possible pour tirer le prix vers le bas.

    • Oui, même si deux bouquins de 300 pages ça me dérange pas dans l’absolu, y’a de très bons bouquins de 300 pages. Mais pour couper un truc en deux, soit il fait 1200 pages, soit c’est deux histoires séparées, ou une histoire vraiment structurée en deux parties différentes qui justifie un diptyque. Là bof, c’est juste une histoire unique qu’on a coupé au milieu :/

    • @Apophis : je m’étais fait la même remarque sur les Honor Harrington ça m’a fait drôle de lire ton commentaire !

      @L’ours inculte : belle critique comme d’habitude, qui semble confirmer mon impression du premier tome. Le genre de livre que j’aurais dévoré a 15-20 ans mais qui maintenant passerait simplement « bien » sans être mémorable ! J’hésitais ) achter le tome 2 en broché, mais du coup je vais suivre ton conseil et attendre un peu !
      En tout cas je suis curieux sur la partie Traqueurs, y’avait un ou deux personnages particulièrement intéressant chez eux que j’aimerai savoir ce qu’ils sont devenu. Le petit coté « tous les héros des différentes saga » à la Elric de Melnibonnée est sympathique mais du coup ça laisse effectivement pas de profondeur pour les personnages !

  2. Merci pour le lien. Moi aussi, j’ai eu le même souci pour me remettre dans l’histoire. En ce qui concerne le prix, je suis tout à fait d’accord avec toi, d’autant plus que les premiers Scrinéo de Gabriel Katz étaient à 16,00€. j’ai vérifié!

    • Oui, souvent les auteurs se débrouillent pour remettre le lecteur dans le bain plus ou moins subtilement sur un second tome, mais là c’est pas du tout le cas, d’où cette plus forte impression de pas avoir affaire à un diptyque mais bien a un roman coupé en deux.

  3. Le premier tome est sorti en poche, du coup je l’ai acheté par curiosité, mais étant donné ce que tu penses du diptyque et le prix je vais certainement attendre un moment avant de prendre le deuxième volume…

  4. du coup, je me dis qu’il faut lire le roman coupé en 2 d’une seule traitre. Mais 40€ pour 600 pages, cela commence à douiller. Ce sera donc en numérique pour moi!
    Je le lirai avec la Miss Elhy l’année prochaine.

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