Knight’s Shadow, To mayhem and fighting

Knight’s Shadow est la suite du très excellentissime Traitor’s blade par Sebastien de Castell dont je parlais déjà par ici. Pour tous les amateurs de trucs pointus ou aiguisés qui zigouillent des gens méchants avec classe, on retrouve les personnages de Falcio, Kest et Brasti qui doivent maintenant se démerder pour placer la petite Aline sur le trône malgré le fait que tout le monde les déteste encore, ce qui peut compliquer les choses quand on veut se la jouer subtil…

Comme dans le premier tome, les Greatcoats sont considérés comme des traitres et des lâches par une grosse majorité des habitants de Tristia vu qu’ils n’ont rien fait pour défendre le roi Paelis quand les ducs sont venus prendre sa tête. Pourtant, ces duellistes/magistrats exceptionnels, jadis symboles de justice et de noblesse, continuent tant bien que mal à accomplir les dernières volontés de leur souverain alors qu’ils sont éparpillés sur tout le royaume. Cette suite démarre alors que Falcio n’a pas la grande forme mais cherche à faire des alliances avec les ducs des régions du sud pour faire face à l’armée grandissante de BIIIIIIIIIIIIIIIIIP (Oui, je m’autocensure pour pas spoiler le premier tome trop violemment). Sauf que les greatcoats n’aiment pas trop les ducs, ils ont un peu assassiné le roi, et les ducs méprisent les greatcoats tout autant donc les négociations commencent moyennement bien. Ajoutez à ça des assassins mystérieux, des villageois en colère, des chevaliers pas très chevaleresques, la marmite va bouillir très très vite…

On a toujours de gros doutes sur un des mystères de la saga, est-ce que Paelis avait un plan avant de mourir ? Est-ce qu’il a posé ses pièces avec génie en envoyant les 144 Greatcoats en mission le jour de sa mort, ou est-ce que c’était un gros gland prétentieux, tout le monde se fait des films et l’homme ne savait pas du tout ce qu’il faisait ? Nos héros n’en savent rien et se raccrochent aux idéaux qu’ils ont défendu sous les ordres du roi et c’est un des thèmes qui revient régulièrement dans l’histoire : l’idéalisme et la noblesse valent-ils encore la peine d’être défendus dans un monde bien corrompu jusqu’à l’os qui part en sucette ? Les greatcoats sont paumés, livrés à eux-mêmes et seuls contre tous, ils défendent un idéal qui n’est qu’un lointain souvenir mais ils s’appuient les uns sur les autres même si le doute s’installe de plus en plus.

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L’amitié qui lie le groupe de personnages principaux est toujours centrale, la camaraderie se manifeste à travers des dialogues légers et vraiment drôles, bien écrits et percutants. Comme pour le livre précédent, tout est raconté à la première personne du point de vue de Falcio et c’est cette écriture fun et enlevée qui fait contre-poids face aux évènements tragiques qui se déroulent sous ses yeux, et oui, ça peut être bien violent par moments. Mais au final l’histoire dégage quelque chose de positif malgré les coups du sort, c’est une lecture qui me fout une énorme pêche à chaque fois que j’ouvre le bouquin, y’a là-dedans un souffle monstrueux.

Le rythme est encore plus soutenu que dans Traitor’s Blade, il n’y a aucun temps mort, des évènements surprenants débarquent à chaque chapitre sans nous laisser le temps de souffler et Sebastien de Castell arrive toujours à mettre en scène l’action et la bravoure de manière magistrale. Les flèches de Brasti, l’épée de Kest, les rapières de Falcio, toutes dansent avec une grâce et une précision mortelles et les stratégies du premier Cantor leur permettent d’affronter des situations toujours plus désespérées. Le livre nous met constamment devant des situations à priori impossible à surmonter et c’est toute l’astuce de Falcio et le courage de ses camarades qui les sortent de ces impasses. Cette succession de dangers mortels happe le lecteur qui se demande toutes les 10 pages « mais comment vont-ils se tirer de là ? », suivi 2 pages plus tard d’un « oh bordel c’est trop cool ! »

Nos héros forment un groupe à la dynamique parfaitement équilibrée, des personnages féminins vont venir s’y ajouter et prennent d’ailleurs un peu plus d’épaisseur, ce qui est fort bienvenu, Dari en particulier est impressionnante de cynisme et de « bad-assitude ». On a le plaisir de croiser de nouveaux personnages, le chevalier Shuran est un des plus marquants de ce nouveau tome, on sent un conflit intérieur constant compensé par une dignité apparente qui donne une aura particulière au bonhomme. Les ducs se dévoilent également petit à petit, et plus on les comprends, plus on a de doutes sur le vrai but de Paelis.

Le ton de l’histoire est un équilibre assez bluffant entre comédie légère, tragédie poignante et action réjouissante, on sait jamais vraiment où ça va taper mais ça touche toujours son but tout en construisant au fur et à mesure une intrigue solide. Les différents mystères et complots se dévoilent, de rebondissements en révélations on se laisse porter par l’intrigue sans problème, on reste scotché au bouquin.

Encore une fois, j’ai lu Greatcoats en VO, mais monsieur Amazon nous laisse entrevoir une hypothétique sortie du premier tome chez Bragelonne pour le mois de Juin, et si ça se confirme, vous n’aurez plus l’excuse de votre pitoyable médiocrité en anglais pour passer à côté. C’est pour moi un incontournable, je le conseille, le recommande, l’impose, ou vous le jette à la gueule en vous ordonnant de la lire tout de suite sous la menace. Putain, j’adore cette série…

Les autres livres de la série : Traitor’s Blade (tome 1), Saint’s Blood (tome 3)

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