Un guerre victorieuse et brève, Honor pépère

Dans Une guerre victorieuse et brève, troisième tome de la saga Honor Harrington, David Weber nous projette un an après le joli carnage de Pour l’honneur de la reine. Notre héroïne a passé tout ce temps à se faire rafistoler et à se reposer parce qu’elle s’est bien faite amocher. Mais les vacances sont finies, c’est l’heure de la rentrée.

Honor Harrington est rappelée au service de Sa Majesté sur le croiseur de combat le plus prestigieux de la flotte, le HMS Victoire. Elle va donc faire ses bagages et repartir au boulot fissa, accompagnée de son chat sylvestre Nimitz et de l’intendant de la classe MacGuinness. Ils seront envoyés vers l’avant-poste de Hancock alors que la république de Havre, l’éternel ennemi, commence à faire des siennes en provoquant des escarmouches tout le long de leur frontière commune, ni vu ni connu. Est-ce que le royaume de Manticore va entrer dans une vraie guerre contre son rival ? Ça va péter pour de vrai ?

Dans ce troisième tome, Weber passe beaucoup de temps à nous expliquer tous les aspects politiques de son histoire, plongeant plus dans les conflits internes à Havre. On a ainsi une vision bien plus nuancée de ce grand méchant dont l’ombre plane sur Manticore depuis le début de la série. Cette guerre est d’ailleurs montée de toutes pièces par les politiques pour calmer ces bouseux de prolétaires qui arrêtent pas d’embêter les riches, au moins avec un bon vieux conflit patriotique ils seront distraits. Comme quoi on retrouve bien l’influence française derrière cet empire fictif… Heum…

Sur les deux premiers tomes, on avait à chaque fois un démarrage tout doux qui détaillait plein de trucs, et un basculement vers l’action et le gros suspense assez tard dans la lecture. Ici on a toujours cette construction en deux temps, mais on a l’impression que la première partie prend beaucoup plus de place, on arrive sur une seconde partie « badaboum » bien moins palpitante, limite anecdotique. Le passage de « bataille spatiale » est ainsi décevante, on ne retient pas son souffle pendant plusieurs centaines de pages comme le roman précédent, c’est expédié en quelques bordées et Honor ne fait finalement pas grand chose à part serrer les fesses pour que ça passe. Du coup il porte bien son titre en fait. On a même l’impression de relire le 2 en moins palpitant, vu que c’est globalement le même schéma depuis le début : Havre fait de la merde, Honor est dans un trou perdue et livrée à elle-même, elle doit résister jusqu’à ce que sa hiérarchie se bouge le popotin.

Et malgré ça, franchement, le bouquin passe très bien. Je l’ai dévoré en deux jours parce que David Weber gère toujours aussi bien ses personnages, les conflits internes dans la flotte et dans les deux « nations » rivales. On nuance un peu l’ennemi en les découvrant de l’intérieur avec un peuple en crise et une « résistance » qui se met en place. De son côté, Honor est en retrait dans le conflit mais on explore plus sa personnalité et ses rapports avec son entourage, à travers quelques personnages secondaires qu’on connaissait déjà, et aussi quelques nouveaux qui vont prendre de l’importance comme son ami Michelle Henke ou l’amiral Sarnow qui sera son supérieur sur cette mission. Et on a même la petite romance en bonus.

Honor Harrington est toujours une série très agréable à lire, qui détend mais avec assez de solidité pour ne pas tomber dans le divertissement décérébré. Cette relecture des grands récits d’aventures maritimes dans l’espace commence peut-être (un peu) à se répéter mais apparemment le tome 4 donne un bon coup de fouet à tout ça, donc vivement !

Lire aussi l’avis de : Lianne (De livres en livres), Lutin82 (albédo), Fred (Lu et approuvé),

10 réponses

  1. C’est tout à fait cela!!! Du divertissement qui n’est pas décérébré, un roman qui se lit presque tout seul. Je partage le même point de vue avec cette impression d’avoir quand même lu déjà cette histoire précédemment. Mais Weber, s’en sort très bien.

    J’étais assez partagée par rapport au Havre que je trouvais un peu caricaturale, surtout dans le tome 2 et en ce début de tome 3, mais la fin avec la prise en main du trio a gommé cette sensation. Havre est anecdotique dans le tome 4 qui comme tu l’indiques (merci pour le lien) met du piment dans la saga!

    Je vois que tu lis le Barker, j’ai hâte d’avoir ton retour! 🙂

  2. Ça n’a pas été mon tome préféré, loin de la, en fait je crois que je saturais un peu quand je l’ai lu, et du coup j’étais moins réceptive.

    Mais dans l’ensemble il se lit bien et il est distrayant c’est le principal ^^
    Et tu as raison, le suivant change bien =)

  3. De mon point de vue, c’est le plus faible des tomes de la première partie du cycle (ce qui ne signifie pas qu’il est mauvais). Il faudra attendre le tome 7 pour avoir moins bon (où, en gros, on passe des centaines de pages pour montrer une scène qui aurait dû faire une courte partie introductive du tome suivant, en toute logique). Pour ce qui est de l’action militaire, tu n’en auras pas significativement dans les deux tomes suivants (ce qui ne signifie pas qu’ils sont mauvais, bien au contraire), et elle ne refera son apparition que dans les tomes 6+. Le pinacle étant, de mon point de vue, le 11.

    Excellente critique nuancée, en tout cas. Je vais moi aussi garder un œil sur ta critique du Barker, je l’ai en stock mais j’ai préféré lire le Baxter / Reynolds puis Station – la chute d’Al Robertson avant.

      • Concernant la présence moins marqués d’Honor, c’est une tendance qui se confirmera par la suite (de façon variable). Ce qui est dommage quand on s’attache à l’héroïne mais éminnement plus crédible que de la mettre systématiquement à tous les rôle de sauveuse de l’univers 😀

        En tout cas, content de voir que tu ais appréciés cette série !

    • Totalement d’accord avec le jugement portés sur ce tome et les suivants. Certains sont excellents de mon point de vue, certains privilégient le côté politique et la nuance aux scènes de « piou piou » d’autres (notamment le 7) mériteraient d’être tronqués.

  4. Bonjour

    Je viens de le finir, j’ai mis un peut plus de temps que toi car je lis le soir avant de m’endormir donc pas plus d’une quinzaine de pages par soir.

    Ton analyse me convient parfaitement, l’histoire politique sur Havre est intéressante, mais ça ressemble effectivement à du déjà vu dans l’histoire contemporaine (mais je pense plus à la Russie qu’a la France ….).

    Par contre, ce que j’ai assez apprécié dans ce tome, presqu’un peut plus que dans les premiers, c’est l’analyse des relations entre les personnages même secondaires, notamment dans les relations entres amiraux.

    Je pense que je vais continuer tranquillement cette série mais pas plus vite qu’un volume par trimestre pour ne pas tomber dans la routine.

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