Godzilla, le monstre tranquille

Il faut vraiment présenter Godzilla ? C’est peut-être pas nécessaire, tout le monde voit à peu près le principe, gros monstre, immeubles qui font badaboum, « oh mon dieuuuuuuu », tout ça…

Voilà, donc dans la nouvelle version de Godzilla par monsieur Gareth Edwards (inconnu au bataillon…), c’est pareil, y’a des gros monstres qui sortent des profondeurs pour tout casser. Cette version a toutefois le mérite de rejoindre plus ou moins les origines « traumatisme nucléaire » du Godzilla classique tout en l’actualisant de manière assez sympa. Ici, les monstres sont réveillés par une catastrophe Fukushima-like et le film va ensuite faire le trajet Japon-USA, on retrouvera tout le long des ambiances et des clins d’œil aux origines asiatiques de la licence.

Le principal point faible du film est ce script tout pourri à base de héros militaire américain irréprochable armé de son traumatisme paternel (même si j’aime bien la gueule de l’acteur) avec sa jolie infirmière qui sert à rien et l’attend à la maison en pleurant devant la télé. On nous sert aussi le scientifique qui passe deux heures à regarder dans le vide en disant « mon Dieu on est foutus » avec son assistante qui ne lui sert que d’écho fadasse, et bien sûr le général militaire complètement con dont la seule réponse est « on va lui envoyer des missiles à la gueeeeuuuuule » et qui comprend pas que se balader avec des ogives nucléaires devant des bestioles qui sont attirés par tout ce qui est radioactif est pas forcément une idée brillante (mais il recommence quand même).

Ça pue le script de base américain, avec quelques plans trauma-11 septembre, ça chiale et ça tire sur quelques vieilles ficelles hyper-usées avec la subtilité d’un… euh… ben de Godzilla… Mais à côté de ça, j’ai vraiment bien aimé quand même grâce à son rythme posé et à sa réalisation impressionnante qui nous change bien délires virevoltants hyperactifs qu’on retrouve souvent dans ce genre de films (Pacific Rim et Transformers en tête). Ici le tempo est lent, on prend son temps pour dévoiler les choses petit à petit, les monstres sont souvent filmés par petites touches, on les aperçoit furtivement, on voit les effets de leur passage et le fait de les filmer du sol leur donne un aspect impressionnant et majestueux.

Et par-dessus ça, on a surtout une construction visuelle irréprochable, les images sont superbes, la recherche et la composition des plans sont vraiment originales, les apparitions des bestioles sont très subtilement dosées, parfois planquées dans la brumes, parfois par des jeux de lumière bien foutus, bref, c’est zoli dans les yeux ! La musique efficace et discrète n’est pas trop envahissante et joue très bien avec les silences dans les moments de tension. On sent le réalisateur qui s’est fait plaisir sur les monstres et leur imagerie et qui a considéré le script côté « humain » comme une corvée qu’on lui a imposée et qu’il a torché ça bien comme il faut.

On note aussi que Godzilla et ses potes traversent le film en se foutant royalement des humains, ces petites merdes qui courent partout. Les monstres ont leur vie, leur but et leur comportement ne tourne pas autour des hommes qui ne sont finalement que des spectateurs de ce qui se passe, tout comme nous, et c’est peut-être ce qui fait fonctionner ce blockbuster aussi bien, on est à la même place que les personnages humains du film, aussi impuissants mais aussi hallucinés.

Malgré son script complètement à chier, ce Godzilla reste très divertissant et plaisant à regarder grâce à son rythme et son esthétique qui le sauvent du naufrage hollywoodien dont on a tellement l’habitude. Si vous avez la capacité surnaturelle de débrancher votre esprit logique et a regarder un spectacle son et lumière juste pour son esthétique, le spectacle vaut le coup d’œil.

2 réponses

  1. (Je découvre votre blog, même si nous sommes en amis sur babelio, je n’etais jamais passée par ici, et je voulais vous dire qu’il est drôlement agreable à parcourir et à lire :D!)
    Pour Godzilla je suis sortie en furie du cinema, non d’un chien pourquoi ce monstre est devenu gentil?! Ce qui m’a le plus choqué ce sont les vieilles expressions du visage qu’il prend une fois qu’il en a fini avec les papillons géants (qui EUX sont des monstres, Godzilla c’est juste un gentil toutou qui sauve l’humanité…), il fronce les sourcils et prend un air à la Superman, limite il fait le V de la victoire avec sa patte…! Affligeant 🙁

    • Merci beaucoup 🙂

      Le seul interêt du film est vraiment le visuel et la réalisation, mais effectivement le script est à jeter

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