Sorceleur 1 : Le dernier vœu, les promenades de Geralt

Comme beaucoup de monde, j’ai connu l’univers du Sorceleur par le biais des jeux vidéo pas du même nom : The Witcher, développés par CD Projekt RED. Mais à la base, Geralt de Riv est surtout le héros d’une série de bouquin mondialement connue en Pologne, écrite par Andrzej Sapkowski. Le dernier vœu en est le premier tome, et l’occasion de faire la connaissance de notre héros aux yeux chelous comme il se doit.

Geralt de Riv, donc, est sorceleur. Ça veut dire en gros qu’il se promène un peu partout en louant ses compétences de défonceur de monstres aux populations menacées par de telles saletés. On apprendra à travers différentes aventures qui est ce mystérieux Geralt, et ce que ça implique d’être sorceleur. Je m’y attendais pas (parce que je me renseigne jamais, évidemment) mais ce premier tome n’est pas vraiment un roman. Il se présente comme un recueil de nouvelles, on suit notre ouitcheur dans ses pérégrinations et chaque chapitre est une enquête différente, mais toutes sont liés par un fil rouge et quelques constantes. J’avais même l’impression d’avoir devant moi une structure de série télé en fait. On lit des épisodes de la dure vie de sorceleur, multipliant les aventures, pour avoir au final une idée globale du bonhomme et de son univers.

Et quel univers ! C’est certainement le point fort de ce premier bouquin. Geralt évolue dans un monde médiéval très à l’occidentale mais qui tranche pas mal avec le moyen-âge classique qu’on connait. Sapkowski, au lieu de nous servir des histoires de chevaliers, de rois et de princesses, propose au lecteur de naviguer entre nobles et paysans, dans un cadre fortement imprégnés des contes bien de chez nous. On retrouve des superstitions et un bestiaire ancrés dans la culture européenne, avec ses trolls, ses sorcières et ses sept nains (Renfri, sa version de Blanche-Neige, est bien drôlement tordue, d’ailleurs). Sur l’ensemble des affaires sur lesquels Geralt travaille, on découvre que rien n’est vraiment ce qu’il parait, il a pour habitude de fouiller au-delà des rumeurs et des apparences pour trouver la vérité cachée. A chaque début d’affaire, il arrive dans un endroit et on lui demande de l’aide, mais il reste méfiant parce que soit on le prend pour une bille, soit son « client » raconte n’importe quoi.

On a donc une série d’aventures qui s’enchainent et qui ont toutes une petite côté énigmatique très appréciable. Petit à petit, l’auteur introduit les personnages secondaires qui gravitent autour de son héros. Au début il apparait comme le lonesome cowboy sans attache, puis on fait la connaissance de Nenneke, la prêtresse qui l’aide à se retaper, puis on vit une aventure en compagnie de son ami barde prout-prout Jaskier, et enfin on y ajoute Yennefer, la sorcière qui le hante plus ou moins depuis le début sans qu’on sache trop pourquoi. Là on commence vraiment à découvrir (ou redécouvrir si on a joué aux jeux) l’entourage du sorceleur avec des camarades hauts en couleurs, de l’action et un peu d’absurdité.

J’ai beaucoup apprécié ce ton un peu humoristique et fun. C’est assez grim dark avec un côté crépusculaire, mais bizarrement souvent rigolo. On navigue dans des milieux paysans avec des fermiers limite crétins qui ne comprennent rien, des pouilleux amusants et des créatures absurdes. Le lecteur s’amuse à découvrir tout ça, et on comprend mieux l’humour qui imprègne aussi les jeux (remember la licorne…). Mais arrivé à la dernière page de ce premier tome, on reste quand même un peu sur sa faim. On a découvert un univers atypique et des aventures satisfaisantes mais ça reste des « petites » aventures enchainées, agréables à découvrir mais qui manquent d’un liant, d’une grande ligne directrice, d’un souffle global qui présenterait des enjeux plus grands.

Ah oui, par contre, la quatrième de couv’ de Milady annonce fièrement « David Gemmell Legend Award 2009 : Meilleur roman de fantasy ». Il se trouve que ce n’est pas ce livre qui a gagné le prix mais Le sang des elfes (3e livre dans l’édition poche). Chez moi on appelle ça de la publicité mensongère, faudrait  peut-être éviter de se foutre de la gueule de son public, cher éditeur.

Mais à part ça, ce premier sorceleur est une bonne porte d’entrée dans l’univers, distrayant et bien fichu, il nous présente Geralt et ses copains avec enthousiasme et espièglerie. Maintenant il va falloir aller un peu plus loin dans les intrigues, croisons les doigts pour la suite.

 Lire aussi l’avis de : Blackwolf (Blog O Livre), Ptitelfe,

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5 réponses

  1. Excellente critique comme d’habitude ! Le format nouvelles surprend, c’est vrai, mais si la fin laisse sur la fin (je suis bien d’accord là dessus), néanmoins, quel fin ! Mon côté fleur bleu était ému par ce « quelque chose de plus » !

  2. J’ai découvert la série de livre avant les jeux, et je suis tout à fait d’accord avec ton analyse !
    Mais les suivants évoluent plus vers une trame de fond suivie et un ton beaucoup plus noir.
    En tout cas difficile de décrocher de cette oeuvre très fouillée

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