Le royaume rêvé, Les épines se réveillent

Enfin, justice est faite et la vérité est rétablie : Non, les elfes ne sont pas des gentils sages raffinés amis des arbres, c’est des enfoirés, je l’ai toujours su ! Adrien Tomas, dans son dernier roman Le Royaume Rêvé publié chez Mnémos, nous présente un monde où les oreilles pointues se sont enfin fait botter le cul.

Le roman commence une centaine d’années après la révolte des humains qui étaient jusqu’alors les esclaves des elfes. Ils ont repris leur liberté et ont repoussé leurs anciens maîtres dans les profondeur de la Grande Forêt, mais depuis, les Marches du Gel sont divisées en plusieurs clans humains qui se tapent sur la figure pour un oui ou pour un non. Dans ce contexte tendu, le clan qui domine est le clan Svelsen, mené par la princesse Ithael et le régent Leifwyr Morugsen (oui, ça sonne du nord tout ça, hein ?). Ces derniers gardent en otage les héritiers des clans adverses, ils les entrainent et les éduquent, mais ils ne font pas seulement ça pour narguer les copains d’en face. Ils ont un projet, ils veulent donner naissance aux épines, les pièces maîtresses qui uniront les clans.

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Le Royaume Rêvé commence comme un classique de fantasy épique, nous décrivant un royaume et son histoire, mais par la suite il devient beaucoup plus intimiste et centrés sur ses personnages : l’auteur nous fera suivre les cinq jeunes gens qui vont constituer ce groupe en formation : Ysemir, le noble et fier guerrier, Merisia, l’apprentie apothicaire, Solheim, Nécromancien Tyrnien, Ithael la princesse Svelsen, et enfin la seule membre du groupe qui n’est pas héritière d’un clan ni même noble : Vermine, sorcière sauvage qui a vécu son enfance dans la forêt. Nous allons voir tout ce petit monde s’entrainer et apprendre à se connaitre, puis faire face à la menace des mandragores qui ressurgissent de la forêt.

RoyaumerevecouvAdrien Tomas nous propose ici une aventure qui fait la part belle aux personnages. Les cinq héros sont tous attachants et extrêmement bien écrits, avec chacun leur personnalité. On suit leurs aventures et leurs relations avec beaucoup de plaisir et on apprend avec eux ce qui se trame au-delà des petites guerres de clans. Nous avons également d’autre énergumènes tout aussi réussis qui gravitent autour d’eux, on pense surtout à La Locuste, mystérieux messager flippant qui dénichera Vermine. C’est d’ailleurs cette dernière qui apparaitra vraiment comme le personnage central pour le lecteur, on la suivra souvent et son lien avec Ténèbre, l’entité qui l’habite et lui donne ses pouvoirs, est un des mystères de l’histoire.

Nous avons un monde vaste avec un background étoffé qui nous est présenté par le regard de ces jeunes gens, même si certains éléments sont des classiques du genre, l’ensemble se révèle intéressant à découvrir. L’auteur nous lance quelques pistes sur des sous-intrigues intéressantes et mystérieuses mais qui nous laissent un peu sur notre faim, comme cette histoire de Projet 68 qui ponctue l’aventure de nos héros et n’a jamais l’air de vraiment décoller. Ça nous mène d’ailleurs à mon principal reproche à ce roman : il constitue une introduction parfaite aux personnages et au background très intéressants du Chant des épines, mais a du mal à se suffire à lui-même. Arrivé à la fin du roman, le lecteur sera satisfait car c’est  passionnant à découvrir, mais on a l’impression que l’intrigue principale ne démarre pas vraiment. On nous a donné quelques pistes, présenté les enjeux, mais on est encore dans les starting-blocks, et le livre lui-même nous l’avoue dans sa dernière phrase « Maintenant, les choses sérieuses commencent ».

Le royaume rêvé ressemble à un apéro délicieux où les invités ont bouffé toutes les cacahuètes et vidé les bières du frigo en 10 minutes. Maintenant on attend le vrai repas en rongeant les cure-dents où étaient plantées les petites olives. Vivement une suite pour voir où nous mène cette prometteuse saga. Ou alors je pourrais lire les autres livres d’Adrien Tomas en attendant… C’est pas bête ça…

Lire aussi l’avis de : Salveena (Le comptoir de l’écureuil), Dup (Book en stock), Thomas Riquet (Mythologica),

6 réponses

  1. Lecture en cours (presque terminée) et pour l’instant je partage tout à fait ton avis 🙂 J’avais moins accroché à « La maison des mages » qui se passe dans le même univers. Par contre je garde un excellent souvenir de « Notre Dame des loups » qui pour le coup n’a plus rien à voir avec le sixième royaume.

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