Kingsman, First Clash

Comme je suis un poil à la ramasse niveau actualités cinéma, j’avais pas vu Kingsman venir, et ce n’est qu’à sa sortie que j’ai aperçu cette affiche en mode « Film d’espionnage old-school » et plein de mots percutants dessus sans savoir ce que c’était que ce truc. Renseignements pris, trailer vu, critiques lues, mazette ça a l’air cool !

Ce film est la dernière réalisation de Matthew Vaughn, à qui on doit déjà le jouissif « Kick-ass » et l’excellent « X-Men : First Class », voilà, comme ça, ça vous pose un CV. Le bonhomme devait d’ailleurs réaliser « X-Men : Days of the future past » mais a laissé la main à Bryan Singer pour commencer à bosser sur son dernier bébé. Kingsman donc, est l’adaptation d’un comic-book écrit par Mark Millar… Oui le même Millar qui a écrit Kick-ass, Comment c’est bizarre ! On dirait que les deux zozos se sont bien trouvé. Voilà pour la genèse du machin mais au final, Kingsman, qu’est-ce que c’est donc ?

Le film raconte l’introduction et la formation du jeune Eggsy dans l’agence « Kingsman », une organisation indépendante d’espionnage qui se sert d’un magasin de tailleur comme couverture, prétexte à la classe toute James Bond-esque de ses membres. Les agents de Kingsman sont des gentlemen, toujours en costard impeccable et aux manières irréprochables car ils sont tous issus de la bourgeoisie anglaise. Ainsi quand l’agent Harry Hart présente comme postulent le jeune Eggsy, loser à l’éducation plus que discutable et aux fréquentations encore pires, ça fait un peu tâche. Nous allons suivre la formation du jeune homme tout en découvrant en parallèle un complot international fomenté par le milliardaire très ouaich Richmond Valentine et les deux ficelles de l’histoire vont bien évidemment s’emmêler, et ça va être explosif.

Si vous avez vu Kick-Ass, on retrouve ici la même touche et le même ton, un aller-retour incessant entre comédie et film d’action survolté à l’hyper-violence stylisée, Vaughn continue sur sa lancée et affirme son style fun et décomplexé. La réalisation est rythmée et réjouissante, la caméra bouge sans cesse mais l’action reste limpide et lisible, ça bastonne, ça saute, ça saigne, et on se marre. Le côté comédie compense une violence très présente mais on reste sur un équilibre vraiment bien dosé entre les deux, Kingsman se prend rarement au sérieux mais c’est fait avec soin et talent, le film est léger mais maitrisé comme très peu de comédies de sa catégorie.

Côté casting c’est festival, Colin Firth dévie légèrement de ses rôle habituels pour camper un agent anglais tout en retenue mais dont les scènes d’actions explosent l’écran. Samuel L. Jackson est hilarant en Valentine, milliardaire habillé comme un ado zozotant qui déguste des grands vins avec son Big Mac. Au milieu de ces deux pointures, sans compter un Michael Caine fidèle à lui-même, les petits jeunes arrivent à s’imposer. Eggsy est joué par un Taron Egerton inconnu au bataillon mais qui assume son rôle principal avec légèreté et talent. Sophie Cookson lui donne la réplique dans le rôle de Roxy, personnage malheureusement sous-exploité, c’est d’ailleurs un des défauts que j’ai trouvé à ce film, beaucoup de personnages prometteurs sont à peine effleurés et Roxy est en tête de liste, le personnage féminin principal ne sert malheureusement pas à grand chose. On remarquera également le personnage sautillant de Sofia Boutella, cruel bras droit armé de ses deux jambes artificielles bien aiguisées, menace calme et silencieuse planant sur chaque scène dont les déchainements donnent lieu à certaines des scènes les plus violentes du film.

Kingsman : Services secrets est vraiment une de ces rares comédies d’action qui ne sont ni trop lourdes dans leur humour, ni trop « Série B » dans leur action pour rester un grand film malgré une catégorie plombée par les sous-produits et les films juste moyens. C’est une séance dont on ressort avec la patate, le sourire et l’envie de le revoir tout de suite (mais bon, au prix de la place on attendra un peu…).

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