Dying Light, la nuit des morts courant

La promesse du jeu Dying Light, développé par les gens de Techland (sur Steam, PS4 et Xbox One), était claire : un open-world avec des zombies dedans et des possibilités de déplacement libre en parkour, lorgnant énormément du côté de mirror’s edge pour le gameplay de course. Dis comme ça, ça parle à tout le monde, c’est à la mode, on connaît les ingrédients et le mélange ne peut qu’être tentant.

Le jeu démarre d’ailleurs très bien, le joueur incarne Kyle Crane, un agent double envoyé par le GRE pour infiltrer la ville d’Harran et récupérer des documents. Seul soucis : la dite ville a été mise en quarantaine suite à une épidémie de zombifiage, les survivants sont regroupés dans certaines zones qu’ils ont barricadées et chaque sortie peut être fatale. Crane fera donc la connaissance d’un groupe abrité dans une tour et y deviendra un éclaireur chargé de faire les courses de tout le monde dans la ville, mais il n’oublie pas sa mission première et contacte régulièrement ses chefs du GRE. L’arme principale du joueur est le déplacement, Kyle est un adepte du Parkour, ou Freerun, ou « je saute et grimpe partout comme un p’tit singe ».

Dying Light nous invite donc à préférer la fuite à l’affrontement, dès qu’on veut aller d’un point à un autre on évite tout contact avec les morts qui marchent, on les contourne, on les esquive ou on leur saute sur la tête pour les narguer. C’est la grande qualité du jeu, ce gameplay de course est très agréable, on prend son pied à parcourir la ville, à sauter de toit en toit, sur les bagnoles et les balcons. Et cette ville est vraiment chouette, j’ai apprécié qu’un jeu se déroule dans une cité pas typée américaine pour une fois, on est ici dans une ville orientale, les personnages s’appellent Karim, Tahir, Rahim, Omar… Les teintes sont chaudes, le soleil cogne dur, ce dépaysement est agréable, et le décor est magnifique, c’est techniquement et artistiquement très réussi.

Je serai un peu plus mitigé sur le rendu des personnages, ils sont pas mal modélisés mais les animations sont assez basiques. Et ils sont aussi très basiques dans leur écriture, aucun personnage ne marque vraiment les esprits et donc l’implication émotionnelle du joueur reste très superficielle, je suis resté très distant par rapport à toute l’intrigue. C’est le premier gros défaut du jeu, son écriture est très moyenne. On a un scénario d’apocalypse zombie fait de clichés et de ficelles usées (et abusées), la grosse compagnie qui veut le virus pour en faire une arme, le vaccin sur le point d’être découvert par le docteur pouilleux planqué, le copain qui se transforme et « oh mon dieu je doit le tuer, snif »… Rien ne surprend, rien n’émeut, et donc, rien ne retient le joueur sur la longueur.

Parce qu’effectivement, je me suis amusé pendant toute la première partie du jeu, la phase de découverte et d’exploration de la ville, des possibilités du héros et des différents personnages, mais à partir de la moitié du jeu je m’en foutais et j’ai rushé pour finir, mes camarades étaient des coquilles vides, le grand méchant est juste un psychopathe débile qui veut semer le chaos parce que « le chaos c’est trop bien ». En plus on se fait balader par à peu près tout le monde, untel doit fabriquer du matériel avec des matières premières mais il lui manque un machin qui est complètement de l’autre côté de la map, untel te demande de retrouver son fils qui est parti à l’autre bout de la ville, c’est le festival de quêtes Fed-Ex de bout en bout et à un moment c’est la grosse saturation, quand on fait un trajet pour la quinzième fois on a envie de laisser tous ces cons se faire bouffer.

Mais pire encore, le gameplay agréable du début s’efface complètement, on découvre une nouvelle zone mais la plupart des missions principales se déroulent dans des couloirs, des arènes ou des bâtiments, adieu le déplacement libre. Le jeu nous impose des grosses bastons avec des hordes de zombies, des colosses, des mercenaires… Et commence à bien nous fournir en flingues, grenades, cocktails molotov, ça tourne à la boucherie mais la maniabilité en combat est assez médiocre et imprécise, Dying Light devient plus frustrant qu’amusant et on repense aux bons moments passés avec nostalgie et une petite larmichette au coin de l’œil. On peut toujours s’amuser à courir partout dans la ville, mais c’est sans but, juste pour le sport…

C’est dommage, Techland partait avec un bon concept, un univers intéressant et un gameplay agréable, mais la progression en mode « surenchère dans le bourrin » lui fait complètement changer son fusil d’épaule, gomme ses grandes qualités et le rend basique et inintéressant. Et son histoire débile n’arrange rien. Un très bon demi-jeu, au final. Le reste on oublie.

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