Dark Souls, challenges hardcores et pourquoi j’ai pas que ça à foutre

Avec la sortie imminente du second épisode de Dark Souls, j’ai osé relever le défi du premier, ayant lu tous les commentaires élogieux le propulsant au rang de jeu culte, de légende, de digne successeur de Vagrant Story… Ah oui, non, c’est pas un test de Dark Souls 2 ! Vous vous croyez où là ? Sur un site d’actu ? Noooon, mais non voyons, si vous ne le savez pas, en tant que supporter officiel du mouvement « joueur-à-la-bourre-qui-paye-ses-jeux-5-fois-moins-cher-que-toi-parce-que-je-suis-patient », je fais rarement les jeux boite à leur sortie, j’ai du self-contrôle, moi, madame.

C’est plus mort que toi

Dark Souls est un immanquable pour la quasi-totalité de la presse et des joueurs, il vous plonge dans un monde « dark-fantasy » dévasté où vous jouerez un mort-vivant qui s’échappe de la prison à mort-vivants pour aller quelque part au loin faire un truc. Voilà voilà, c’est tout ce que vous saurez, l’histoire quasi-inexistante joue plus sur l’ambiance et le mystère que sur un scénario vraiment clair. Ce côté énigmatique rappelle un peu les trips comme Journey ou Limbo, où l’histoire est à peine effleurée mais où l’ambiance fait tout… Enfin, il essaye…

Mais dans Journey par exemple, le jeu est agréable parce que le gameplay est plaisant, fluide, c’est joli et poétique. Mais ici le gameplay est très très dur à dompter (donc fidèle à sa réputation), rien n’est expliqué clairement, les combats sont très compliqués parce que votre personnage est lourd et lent, met trois plombes à se relever, que les coups n’ont aucun feedback, qu’au bout de trois coups il faut reprendre son souffle, que les commandes sont loin d’être instinctives, etc…

Tiens c’est drôle mais j’ai pas l’impression de décrire un chef d’œuvre, on dirait vraiment que je parle d’une bouse immonde, non ? Et oui, j’ai pas supporté ce jeu bien longtemps en fait. Rien ne rend le jeu agréable à mes yeux, je ne sais pas comment on peut s’amuser en jouant à Dark Souls, le système de combat est pénible et obscur, l’histoire se la joue dark énigmatique mais ne nous livre même pas le minimum syndical pour nous accrocher une seconde, le monde est un univers fantasy grisâtre le plus générique qui soit, la caméra part constamment dans les choux, les sons sont horribles et le jeu se permet des saccades assez régulières qui font mal aux yeux.

C’est qui qu’a la plus grosse

Comment expliquer le succès incroyable de ce jeu qui, pour moi, n’a strictement rien à sauver ? Outre le fait que je suis un râleur fini qui n’aime pas grand chose, la notoriété de Dark Souls s’est bâtie sur sa réputation de jeu très difficile, de challenge pour les durs, les forts, ceux qui en ont dans le pantalon. Ce qui me dérange c’est que la difficulté ne vient pas d’un level-design précis, d’un système de jeu pointu ou d’une courbe de progression maitrisée et impitoyable, la difficulté vient du fait que le gameplay est mauvais, que chaque mort vous fait revenir 2 Km en arrière, que rien n’est expliqué et qu’on nous lâche au milieu de tout ça en slip.

Si on cherche un jeu hardcore, on peut citer Super Meat Boy, où la difficulté est clairement le résultat d’un level-design précis, mais le gameplay en lui-même reste dans tout les cas agréable et on peut s’amuser manette en main. Mais on a l’impression que « j’ai fait dark souls » ou « j’ai fini super meat boy » deviennent un espèce de rite de passage pour montrer qu’on est encore un vrai joueur, où la difficulté complètement givrée est une qualité fédératrice, où les joueurs prennent plaisir à mourir encore et encore, simplement pour se dépasser et aller plus loin, petit à petit, en se faisant violence.

Je peux comprendre l’intérêt du challenge et de la satisfaction qu’il procure, mais un jeu où la difficulté est la seule richesse mais qui n’a aucun autre point fort, ça me dépasse. Pourquoi continuer si le monde est vide et moche, si l’histoire est inexistante, le héros transparent, les graphismes fades et le gameplay pénible (oups, pardon, on dit « exigeant »). Le défi en lui-même est-il une motivation suffisante pour se faire chier à recommencer 25 fois la traversée d’un pont où un zombie vous balance des Molotov alors qu’on a qu’un couteau ? Je sais pas moi, les game designers et ergonomes du monde entier ont pas vomi sur leur manette ?

Mais pourquoi qu’on joue, alors ?

Le problème d’un jeu difficile, c’est qu’il faut une motivation ou un état d’esprit particulier pour me pousser à affronter la difficulté en question. J’aurai envie de me dépasser si derrière il y a une histoire passionnante ou un univers riche et innovant, un élément nouveau et qui me transporte et me fait vivre quelque chose d’unique. Le challenge est motivant s’il n’est pas seul mais s’il n’y a rien derrière à part la satisfaction d’avoir passé cette tour à la con, pourquoi je vais passer 20 heures devant ce jeu alors qu’il y a tant d’autres bonnes expériences à découvrir ?

Mon temps de loisir est limité mais il y a assez de jeux, de livres, de séries et de films riches et enthousiasmants pour remplir 10 fois le temps libre de toute ma vie, donc je ne veux pas perdre plus de temps sur ce genre de titres. Je l’ai déjà dit et vous le lirez souvent ici (sauf si vous revenez plus jamais parce que vous trouvez que finalement je suis vraiment trop con, bien sûr), mais je considère les jeux comme un média de l’imaginaire comme tous les autres, je joue à un jeu comme je lirai un livre, avec un début, une fin, un voyage qui m’aura transporté dans un monde ou raconté une histoire. Un jeu ne sert pas à m’occuper pour faire passer le temps parce que je m’ennuie, il enrichit mon esprit et ma culture, il  me transporte. S’il ne me fait rien découvrir il ne sert à rien.

La difficulté bien dosée peut enrichir cette expérience, lui apporter une couche de satisfaction supplémentaire savoureuse, mais si elle est frustrante et m’empêche de plonger dans un univers je ne m’amuserais pas. Ou pire dans ce cas-là, elle ne m’empêche pas de découvrir quoique ce soit puisqu’il n’y a rien à découvrir à part un monde moche, générique et sans saveur.

2 réponses

  1. je ne suis pas d’accord, dark soul a une histoire a partir du moment ou on veut bien la chercher, de plus, le « game play est pénible » a partir du moment ou tu fonces sur tes ennemis comme un bourrin, c’est un jeu qui demande du temps et de la réflexion. Tu aurais au moins du attendre d’être calmé avant de déchainer ta rage sur ce que tu appelles « une bouse immonde ». De plus, les « 2 Km » ( les 2 m de marche en arrière) peuvent permettre de rattraper un retard d’xp, de loot des objets, ou autre chose du genre, tu es juste allé trop vite, tout simplement parce que ce n’est pas ton type de jeu. De plus la difficulté est certes très élevée, mais n’est-ce pas gratifiant de battre un boss ou on met toute son énergie et sa volonté?

    • Merci pour ton retour, et effectivement, on ne va pas être d’accord, mais j’ai un avis minoritaire sur ce jeu donc j’ai l’habitude.

      Non, ce n’est pas gratifiant si on n’y prend pas de plaisir. J’ai adoré Furi qui présente des combats de boss difficiles et gratifiants, mais Dark Souls reste un très mauvais souvenir.

      Peut-être qu’un jour j’essayerai les suivants ou bloodborne qui ont l’air mieux fini techniquement, mais même plusieurs années après je confirme, je trouve que le premier est une bouse immonde.

      Mais je n’ai pas « foncé sur mes ennemis comme un bourrin », j’ai quand même essayé de jouer le jeu.

      Pour être honnète ce n’est sûrement pas ma meilleure critique (elle est ancienne) donc la manière de présenter la chose est sûrement maladroite, mais je confirme que mon avis sur le jeu est très proche du zéro pointé.

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