Child of Light, fresh princess of bel art

Child of Light nous a été vendu comme un hommage aux JRPG (jeux de rôles japonais) développé par Ubisoft Montréal, qui laisse de côté ses grosses machines pour tenter un jeu plus léger, plus simple et un peu expérimental. Bien sûr, on nous parle de tenter un jeu à l’esprit « indépendant » (idée plutôt rigolote venant de leur part) même s’ils ont eu des moyens et une promo qu’aucun développeur indé ne peut se permettre. Mais en dehors de ces considérations buzzatoires, au final, qu’en est-il du jeu ? Expérience concluante ?

Dans ce Child of Light on jouera Aurora, une petite princesse balancée dans un monde magique et qui va tenter de rentrer chez elle. Concrètement vous déplacerez ce personnage dans un monde 2D vue de côté et volant pour explorer tous les recoins de ces vrais tableaux animés, vous traverserez des villages et rencontrerez les habitants de ce monde, le tout entrecoupé de combats tour par tour classiques des JRPG. Je vais pas pinailler sur le fonctionnement détaillé, l’équilibrage des combats et les tactiques de machin-bidule, honnêtement je m’en cogne pas mal. Sachez que ces combats sont assez faciles et que les joueurs un peu expérimentés doivent commencer direct en mode difficile, mais ils restent très efficaces, agréables et divertissants.

Mais c’est vraiment le côté graphique qui interpelle, dès les premières images on comprend ce que ce jeu a de particulier, on nous fait entrer dans un monde en 2D avec un rendu aquarelle qui rappelle les illustrations des contes classiques (je vous ferai pas l’affront de sortir les noms références qu’on nous rabâche depuis le début, je les connaissais pas et j’ai pas envie de faire semblant d’être cultivé…). Et c’est joli, c’est bien animé, la DA est géniale. Lancer Child of Light revient à ouvrir un livre de contes, on replonge dans un monde merveilleux fait de princesse courageuse, de méchantes sorcières, de créatures étranges et de personnages attachants. C’est simple, c’est beau, ça marche… D’ailleurs merci de nous pondre une héroïne qui n’est pas empêtrée dans les stéréotypes de princesse prout-prout à la con (coucou Disney).

Oui, le jeu a des défauts, il est un poil répétitif, le bestiaire se renouvelle pas énormément, l’exploration des niveaux aurait pu être plus varié que « voler partout et ramasser des trucs qui brillent » mais j’y revenais toujours avec plaisir grâce à la fraicheur de l’univers et de l’ambiance. Les joueurs pour qui un jeu n’est que gameplay et stratégie se feront chier au bout d’une heure, tandis que ceux qui accordent de l’importance à l’immersion et la féérie seront beaucoup plus réceptifs, et ceux qui sont entre les deux… Ben voyez-vous même, choisissez votre camp, tout le monde n’adorera pas mais l’expérience vaut le coup d’œil et mérite vos thunes.

Je vais peut-être faire hurler la moitié de la planète en disant ça (ou, soyons humble, la moitié des 20 personnes qui me liront) mais une grosse partie de l’attirail RPG, les niveaux d’expérience, les points à distribuer, les coffres, les potions, le crafting, j’avais tendance à trouver ça superflu et ça m’a donné l’impression d’être là pour remplir le cahier des charges JRPG et rallonger la sauce mais c’est pas l’important pour moi. A côté de ça, on a une histoire simple mais pas débile, des personnages rigolos, un système de combat efficace et la personnalité de l’ensemble en fait une œuvre très agréable à découvrir, à mon avis ils auraient pu largement revenir à un game design plus épuré et garder l’essence du jeu intact, quitte à ce que ça ne soit plus vraiment un RPG… Mais bon, ils auraient pas pu faire de l’œil à tous les joueurs en manque en nous sortant la carte « Regardez, Yoshitaka Amano nous fait un dessin c’est awesome »…

A noter que tous les dialogues sont en vers, mais honnêtement la VF n’était pas vraiment convaincante, OK ça rime, mais en dehors de ça, c’est pas de la grande poésie. J’ai pas testé la VO mais on a peut-être perdu pas mal à la traduction donc si vous pouvez tenter en anglais, allez-y. Un petit mot aussi sur la bande son qui m’a vraiment emballé, les mélodies sont parfois discrètes, parfois épiques, mais restent bien dans la tête après coup, signe qui ne trompe pas. Ça va du piano léger à l’orchestre avec des chœurs de la folie et colle parfaitement à chaque moment. Monsieur marketing me dit que c’est composé par Cœur de Patate (ou un truc comme ça), je connais pas son boulot par ailleurs c’est mais ça doit être vendeur vu qu’on nous en a fait des caisses… Et ben ça marche bien, bravo…

Aurora version Pierre

Aurora version Pierre

Je retiens de ce jeu surtout l’univers, on m’a raconté quelque chose de neuf, de frais dans un jeu vidéo et même si c’est pas parfait, je salue l’effort d’Ubi et j’en redemande, vivement « Soldats Inconnus », et si les centaines de personnes bossant encore sur Assassin’s Creed pouvaient arrêter tout de suite, se séparer en plein de petits projets et faire comme eux, ça serait quand même vachement plus intéressant.

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