Art of war, Guerres d’anthologie

Je suis pas très client de recueils de nouvelles, mais quand un bouquin s’appelle Art of War et compile une flopée d’histoires avec des noms comme Sebastien De Castell, Nicholas Eames, John Gwynne, RJ Barker, Ed McDonald, Mark Lawrence… Ça ressemble à une dream-team de la fantasy anglophone, et en plus tous les bénéfices vont à Médecins sans frontières à l’initiative de Booknest.eu, pourquoi se priver ?

Bien sûr, ce sont les noms que je connaissais déjà qui ont attiré mon attention, et comme trois de mes gros coups de cœurs de ces dernières années sont représentés ici, c’est sur ces nouvelles que je vais attaquer. Sans surprise, The greatest battle de John Gwynne revient à l’univers de sa série The faithful and the fallen, et ne doit pas être lu avant la saga ! Effectivement elle se passe après la conclusion de Wrath donc ça va vous spoiler la gueule… Mais à part ça c’était un grand plaisir de retrouver cet univers pendant quelques pages, avec en plus un petit twist final qui donne sa saveur et son sens au tout. Je sais pas si ça aura autant d’impact sur quelqu’un qui ne connait pas ces héros, mais j’ai tellement envie de lire A time of dread maintenant…

A côté on a une nouvelle de Sebastien De Castell sous forme de fable grimdark à la fois poétique et fun, toujours du très haut niveau ! Nicholas Eames nous sort une histoire de conflit absurde entre deux peuples avec toute la malice et la patate qu’on lui connait maintenant. RJ Barker déforme le thème pour nous proposer une réflexion sur la place de l’art, les artistes et les artisans en temps de guerre, un twist très bien vu et subtilement amené. Ed McDonald nous livre une préquelle mélancolique à Blackwing qui peut se lire sans connaitre le roman mais ce dernier amènera quand même un contexte à l’affaire. On a même une très bonne histoire de Brian Staveley, qui pourtant ne m’avait pas convaincu avec son Emperor’s blades. Tous ces auteurs sont vraiment ce qui se fait de mieux dans le genre aujourd’hui et, sans surprise et avec toute la subjectivité malhonnête dont je suis capable, ils sont déjà une base solide pour l’anthologie proposée par booknest. Mais en plus on a tous les autres !

J’ai découvert quelques pépites d’auteurs qui n’étaient pas encore tombé sous l’œil vigilant de l’ours : Michael R. Fletcher s’amuse avec des zombies-gladiateurs glauques à souhait, Brandon Draga propose une histoire de soldats pas vraiment taillés pour, Rob J. Hayes calme le jeu avec son dialogue mélancolique fort bien mené, Timandra Whitecastle va faire chialer le lecteur avec son This war of ours. Autant d’auteurs que je note dans un coin pour une exploration plus approfondie de leur bibliographie !

Pourtant tout n’est pas absolument fantastique, on a quand même quarante histoires sur 500 pages donc évidemment, on peux s’attendre à quelques déceptions. Et pour le coup, il y en a pas mal ! On a notre lot de trucs un peu basiques à base de soldats bad-ass qui bottent des culs ou de gros-bras nihilistes parce que la-guerre-c’est-trop-le-désespoir. Sans être désagréables, certaines histoires sont juste des petites friandises littéraires pour amateur de guerroyage. Comme tout tourne autour du même thème, et souvent avec le même genre de traitement, je recommande de parcourir ces nouvelles à petites doses sous peine de se lasser. Et même comme ça, j’ai trouvé pas mal d’histoires redondantes ou manquant de propos fort.

Malgré ça, il serait dommage de se priver de cette anthologie si vous lisez l’anglais et appréciez le genre. Il contient assez de très bons textes dans le tas pour qu’on ne regrette pas son investissement, et le côté caritatif de la démarche pourra vous conforter dans ce choix. De plus, la couverture de John Anthony Di Giovanni et toutes les petites illustrations de Jason Deem en font un objet très sympathique à posséder.

Une réponse

  1. Je l’ai dans ma PAL, il faudrait que je l’ouvre un jour aussi 😛
    C’est sympa si au moins certains textes valent le coup, j’ai toujours un peu peur avec les recueil de nouvelles, comme toi je ne suis pas très cliente et j’en lis très peu.

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